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Les friandises comptent dans la ration quotidienne

Avatar de Maëline Dutrieux

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Une friandise offerte pendant l’apprentissage d’un ordre, un morceau de fromage glissé sous la table, un os à mâcher pour occuper une soirée : chacun de ces gestes paraît anodin isolément. Additionnés sur une journée, puis répétés chaque jour de l’année, ils pèsent pourtant bien plus lourd dans la ration qu’on ne l’imagine, au point de déséquilibrer une alimentation par ailleurs parfaitement calculée.

La règle des dix pour cent

Le repère généralement retenu, rappelé dans les travaux de l’Anses sur l’alimentation des carnivores domestiques, consiste à limiter les friandises et extras à environ 10 % de l’apport calorique quotidien total de l’animal. Au-delà, elles commencent à déséquilibrer la ration principale, pourtant formulée pour couvrir précisément les besoins en protéines, lipides, vitamines et minéraux. Un animal qui reçoit trop de friandises finit par manger, en proportion, moins de son aliment complet — celui qui contient l’essentiel de ce dont il a réellement besoin pour rester en forme.

Ce seuil de 10 % ne se limite pas aux friandises industrielles vendues en sachet. Il inclut aussi les restes de table, les morceaux de fromage, les bouts de saucisson glissés « juste une fois », et même les friandises dentaires ou les os à mâcher, dont l’apport calorique est souvent sous-estimé parce qu’ils sont mastiqués longtemps plutôt qu’avalés d’un coup.

Un surpoids qui s’installe sans bruit

Le surpoids chez le chien et le chat s’installe rarement d’un coup : il progresse par petites touches, quelques grammes gagnés chaque mois, jusqu’à ce que la silhouette de l’animal ait discrètement changé sans qu’on l’ait vraiment remarqué au quotidien. Les friandises données par affection, ou pour calmer une demande insistante, comptent parmi les principales causes de cette prise de poids progressive, davantage encore que la ration principale elle-même, souvent bien dosée dès le départ.

C’est le vétérinaire qui évalue la corpulence de l’animal lors des visites de contrôle et qui ajuste, si besoin, les quantités à donner : ce n’est pas à l’observation à la maison de conclure à un surpoids ou de modifier une ration sans cet avis professionnel.

Adapter la vigilance selon la taille de l’animal

La même friandise n’a pas le même poids relatif selon la taille de l’animal qui la reçoit. Un biscuit donné à un chien de grand gabarit représente une part minime de ses besoins quotidiens, tandis que le même biscuit, offert à un chat ou à un chien de petit gabarit, peut représenter une proportion bien plus importante de sa ration journalière totale. Cette différence explique pourquoi une habitude qui paraît anodine chez un grand chien devient rapidement problématique chez un animal plus petit, sans que le geste du propriétaire n’ait changé.

Les foyers comptant plusieurs animaux affrontent une difficulté supplémentaire : répartir équitablement les friandises entre eux tout en respectant le seuil propre à chacun demande une attention que l’habitude tend à effacer avec le temps. Noter mentalement, ou même sur un carnet, la fréquence des extras donnés dans la journée aide à retrouver une vision d’ensemble, surtout quand plusieurs membres du foyer distribuent chacun leur propre petite récompense sans se coordonner avec les autres.

Substituer plutôt que supprimer

Renoncer totalement aux friandises n’est ni nécessaire ni souhaitable : elles jouent un rôle réel dans l’éducation, la complicité et certains moments de la journée. La solution la plus simple consiste à les intégrer dans le calcul global plutôt qu’à les traiter comme un supplément gratuit — en retirant une petite quantité de la ration principale les jours où les friandises sont plus généreuses, par exemple pendant une séance d’apprentissage.

Des alternatives moins caloriques existent aussi : un morceau de carotte crue, un bout de courgette, ou simplement une portion de croquettes habituelles données à la main plutôt qu’à la gamelle, qui procure le même effet de récompense sans ajouter de calories superflues. Cette vigilance sur les extras rejoint d’ailleurs une gestion plus large du quotidien avec un animal, où chaque petite habitude finit par compter sur la durée bien plus qu’un excès isolé.


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