Le visuel d’un sac de croquettes montre presque toujours une viande généreuse et des légumes colorés. L’information qui compte, elle, se trouve ailleurs : dans le tableau de composition analytique, souvent imprimé en petits caractères au dos de l’emballage, et dans la liste des ingrédients classés par ordre de poids décroissant.
L’ordre des ingrédients ne trompe pas
Un ingrédient placé en tête de liste est présent en plus grande quantité que celui qui le suit, sans exception. Quand une viande fraîche figure en première position, il faut garder en tête qu’elle contient une forte proportion d’eau, perdue au moment de la cuisson : une fois déshydratée, sa part réelle dans la croquette finale peut se retrouver derrière une farine de viande, présentée plus loin dans la liste mais déjà sèche et donc plus concentrée en nutriments. Lire uniquement le premier mot de la liste, sans tenir compte de cette nuance, fausse la comparaison entre deux produits.
Ce que disent les cendres brutes
Le taux de cendres brutes, souvent ignoré, correspond à la part minérale totale qui reste après incinération complète de l’aliment en laboratoire. Un taux élevé n’est pas forcément un défaut, mais il mérite d’être mis en relation avec l’âge et l’état de santé de l’animal, en particulier pour les animaux dont le vétérinaire suit la fonction rénale de près. Ce chiffre, associé au taux de protéines brutes et au taux de matières grasses, forme le socle de ce qu’on appelle la composition analytique, obligatoire sur tout emballage vendu en France.
Le taux de protéines brutes indique la quantité totale de protéines présentes, sans préciser leur origine ni leur digestibilité — deux croquettes affichant le même pourcentage peuvent nourrir très différemment selon que ces protéines viennent de viande, de sous-produits animaux ou de protéines végétales. C’est là que la liste des ingrédients et le tableau analytique se complètent : l’un donne la source, l’autre donne la proportion.
Les additifs et l’apport énergétique, deux lignes à ne pas ignorer
Sous le tableau de composition analytique figure généralement une liste d’additifs — vitamines, oligo-éléments, parfois conservateurs ou antioxydants — dont la présence est obligatoire dès qu’ils dépassent certains seuils réglementaires. Cette liste renseigne surtout sur l’équilibre en micronutriments de l’aliment, complément indispensable des protéines et des lipides pour couvrir l’ensemble des besoins de l’animal, en particulier pendant la croissance ou chez un animal âgé.
L’apport énergétique, exprimé en kilocalories pour cent grammes, permet lui de comparer deux aliments à quantité égale servie plutôt qu’à volume identique dans la gamelle. Un aliment très énergétique nourrit avec une quantité plus faible qu’un aliment moins concentré, ce qui explique pourquoi deux sacs affichant un prix au kilo proche peuvent revenir, en réalité, à un coût par jour de nourrissage assez différent une fois cette densité énergétique prise en compte.
Le taux d’humidité, souvent oublié
Comparer deux aliments de textures différentes, une croquette sèche et une pâtée humide, sans tenir compte du taux d’humidité mène à des conclusions absurdes : une pâtée contenant 80 % d’eau paraît toujours moins riche en protéines qu’une croquette sèche à composition équivalente, simplement parce que l’eau dilue tous les autres pourcentages. Ramener les deux produits à une base « matière sèche » avant de les comparer évite cette erreur classique, fréquente même chez des propriétaires attentifs.
Selon les recommandations nutritionnelles publiées par l’Anses, l’agence sanitaire française qui évalue notamment l’alimentation animale, la qualité d’une ration se juge sur l’équilibre global entre protéines, lipides, minéraux et apport énergétique, et non sur un seul chiffre isolé mis en avant par le marketing. Cette approche globale, détaillée sur le site de l’Anses, rejoint ce que tout propriétaire peut vérifier lui-même en quelques minutes avec l’étiquette en main.
Une fois cette lecture maîtrisée, elle facilite aussi les choix lors d’un changement d’aliment, une étape qui mérite d’être menée au calme, loin des périodes de sorties intenses ou de stress physique, pour ne pas cumuler deux sources de troubles digestifs en même temps.







